l'espèce d'affreuse qui se prend pour Sissi

les aventures d'une affreuse en échange universitaire à Vienne

13 mai 2007

La bureaucratie viennoise... oy !

Je vous vois déjà rigoler derrière votre écran. Ca vous fait rire, hein, quand l’affreuse se galère. Et bien vous n’avez pas fini de vous moquer de moi. Mais je vous préviens, on en reparlera quand vous aurez vous aussi affaire avec la bureaucratie autrichienne.

Pour une raison obscure, j’ai perdu – ou je me suis fait voler, mais ne jetons pas la pierre, Pierre – ma carte de transport. Pour la récupérer, j’ai eu droit à toute une série de formalités super sexy…

  • 13h00, je me mets en branle.

Premièrement, m’adresser à un guichet, pour expliquer ma situation au gentil monsieur, qui me dit de me rendre à Erdberg, au centre de clientèle des Wiener Linien, où sont traités toutes les affaires de perte d’abonnement. Ce n’est pas tout à fait dans le même arrondissement, mais qu’importe, ça a l’air simple : je vais me rendre là bas et ils vont me donner une nouvelle carte. Magique !

  • 13h30, je suis soulagée.

Je me rends donc à Erdberg, où une dame très gentille elle aussi  mais avec un accent viennois – le genre d’accent qui devrait être interdit par la BDAAIPLE, la Brigade Des Accents Allemands Impossibles Pour Les Etrangers – me demande si j’ai mon certificat de perte.

   

« Mon certificat de perte ?

- oui, vous devez vous rendre à la Magistratabteilung (en gros, une antenne de la mairie) de votre arrondissement et en demander un, que vous devrez ramener pour avoir une nouvelle carte de transport. »

Soit.

  • 13h45, je retourne dans mon  arrondissement.

Je vais donc à la Magistratabteilung du 4e arrondissement, où je ré-explique (3e fois de l’après midi) mon histoire. Je me perds dans les couloirs, je ne trouve pas le bon bureau, je commence à râler. Puis je trouve un monsieur qui peut le faire. Grâce vous soit rendue, monsieur le viennois !

  • 14h30, les vraies emmerdes commencent.

Il me cherche dans son fichier informatique, il ne me trouve pas. Problème.

« Vous ne vous êtes pas enregistrée parmi les résidents étrangers en arrivant ? Vous savez pourtant que c’est obligatoire dans les trois jours qui suivent votre arrivée en Autriche »

Mensonge éhonté de ma part : « ben en fait je suis arrivée il y a 3 jours ! »

Ca ne marche pas. Je me fais totalement griller. Normal, me direz vous, avec ma carte d’étudiant validée depuis le 6 Février (Ca va, hein, ne me faites pas les gros yeux, un petit mensonge de rien du tout de temps en temps, ça ne fait vraiment de mal à personne !)

Maintenant, je me souviens ! J’étais venue le faire ce truc, en plus. Et j’étais déjà tombée à ce moment là sur un mec incroyablement dégueulasse qui m’avait traitée comme un sans-papier turkmène parce que je n’avais pas mon extrait de naissance sur moi (Y’en a-t-il un d’entre vous qui se balade en permanence avec une copie de son extrait d’acte de naissance dans son portefeuille ? et ne me dites pas oui, de toutes façons, je ne vous croirai pas).

  • 15h. Je ne perds pas patience. Je suis juste blasée.

« Bon, Monsieur, je peux le faire ici non ? C’est juste l’étage du dessous hein ?

- Oui, mais comme vous avez dépassé le délai, il faut aller dans le dixième arrondissement »

Autant vous dire que de prendre un avion pour Paris, ça me prenait autant de temps.

  • 15h20. La je commence à être un tout petit peu énervée.

Je rentre chez moi imprimer mon extrait d’acte de naissance. Puis je me rends dans le 10e arrondissement.

  • 16h. J’arrive au bout du monde.

… Et là, on veut me faire payer 200 euros d’amende pour ne pas m’être enregistrée dans les temps. Je me retiens de ne pas crever les yeux et de ne pas arracher les oreilles (pour ne pas dire autre chose, mais bon lui et moi, on n’est pas assez intimes pour ça, hein) du fonctionnaire que j’ai en face de moi.

Et vous vous en doutez, l’avion pour Paris, c’était moins cher.

  • 16h15. Sous le stress, je trouve de nouvelles ressources.

Je fais la blonde. « Ich verstehe nicht. Ich bin Französisch » (NdT : je comprends pas, je suis française ».

Le mec me balance une boutade désagréable du type « bah avec ton accent, j’avais compris ». Je l’ignore, et réponds comme un disque rayé « Was ? Was ? ich verstehe nicht, ich bin Franczösisch ».

Lassé, il consent à renoncer à l’amende et à m’inscrire. Encore un autre problème : j’ai besoin de la signature de ma proprio pour me faire enregistrer.

Cette fois, je fais la blonde qui ment. Je luis sors que ma proprio est à l’étranger, en Amérique du Sud même, alors que c’est un peu dur, et que je sais pas quoi faire, ich verstehe nicht, je vous dis.

Ca marche. Incroyable. J’ai du être blonde dans une autre vie.

  • 16h40. Je suis une warrior !

Et je me re-rends à la mairie du 4e arrondissement, où cette fois je fais faire le certificat de perte. Puis au centre de clientèle où j’obtiens enfin ma nouvelle carte de métro. A 17h29. Ca fermait à la demie.

Alors maintenant vous vous dites « Ok, happy ending » et blah-blah-blah. Mais moi j’ai souffert. J’ai du faire marcher beaucoup de mes neurones. J’ai dû négocier alors que je déteste ça. J’ai du me faire passer pour une blonde alors qu’il n’y a pas plus brunette que moi. J’ai eu peur. J’ai failli me perdre dans toutes ces lignes de métro dans lesquelles je n’avais jamais posé un doigt de pied. Je me suis fait engueuler par des gens que même je comprenais rien de ce qu’ils disaient. Snif.

J’ai failli être une affreuse en voie de disparition sur la planète hostile de la bureaucratie viennoise. Soutenez moi. Rejoignez la ligue de protection des affreuses. Et de leurs cartes de métro.

Posté par Rapha_ELLE à 16:15 - Galères d'affreuse - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


24 avril 2007

Lettre ouverte à ma chaussette

L’affreuse est victime d’un affreux complot. Régulièrement, ses affaires se mettent d’accord pour se faire la malle. Et ça, ça la rend folle de rage.

chaussetteSi ce n’était que chaussette et ses copines, ça irait encore. Remarquez au passage que la chaussette est une espèce perverse. Elle décide toujours de se barrer seule. M’en fous, la chaussette. J’avais prévu le coup. 15 paires identiques dans mon armoire : tu te doutes bien que tu es facilement remplaçable. Et quand une de tes copines partira à ta recherche – ce qui, j’en suis convaincue, ne tardera pas à se produire – j’aurais à nouveau un nombre pair de chaussettes. Affaire classée.

Là où tu déconnes, Chaussette, c’est que toutes mes autres affaires suivent ton exemple. Tu pourrais quand même utiliser ton incroyable pouvoir de persuasion à des fins plus nobles : par exemple convaincre mes autres trucs de s’auto-plier dans l’armoire, ça me rendrait service. Mais non. Tu es bien ingrate, Chaussette. Pourrais-tu, à titre informatif, me répéter ce que tu as dit à mes paquets de Canderel pour qu’ils se fassent la malle du tiroir de la cuisine trois fois en dix jours. Et à mon mascara ? Et à ma pince à épiler ?

Ce qui m’énerve le plus, Chaussette, c’est de me rendre compte de la disparition de l’objet juste au moment où j’en ai besoin. C’est à en devenir folle. Il suffit que je décide de porter mes Converse blanches pour n’en trouver plus qu’une, que je me fasse un thé pour que le sucre disparaisse, ou que je m’habille en fonction de mon sac à main préféré pour qu’il ne soit plus à sa place au moment où je décide de sortir. Et que, finalement, dépitée, je change toute ma tenue. Te rends-tu compte des conséquences de tes actes ?

Ma petite robe préférée vient de revenir d’un voyage d’un mois et demi. Et je peux vous assurer qu’elle n’était pas en Ex-Yougoslavie ; je l’y aurais trouvée. Maintenant, que je la tiens, elle paiera pour les autres. Tu vas devoir répondre à mes questions, madame : OU EST PASSEE MA MONTRE, %ù£$@@& !!!!!!

Et gare à celui qui dit que l’affreuse est bordélique.

Posté par Rapha_ELLE à 23:24 - Galères d'affreuse - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

23 avril 2007

RE - @@%$£***µ Canalblog !!!

Bon les gens,

J'ai encore des problèmes avec... Je ne sais même pas d'où vient le problème, en fait. Mais il semble que les photos dans mon dernier post ne s'affichent pas. Et je n'arrive même pas à le modifier.

Donc, toutes mes confuses pour ce léger dysfonctionnement. Vous pourrez malgré tout accéder à l'album photo, dans la colonne de gauche !

A plus, les gens !

Posté par Rapha_ELLE à 19:06 - Galères d'affreuse - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

@@%$£***µ Canalblog !!!

Suite à une fausse manip, j'ai tout bêtement supprimé les deux derniers post publiés.

Je suis très très énervée.

Et suis désolée pour les gens qui m'avaient laissé des commentaires tout gentils : Marionfizz et Mk. Mais z'en faites pas, je les ai lus, hein. J'avais même répondu. Ahpfu.

Couché, Canalblog. Sois gentil, maintenant.

Posté par Rapha_ELLE à 17:43 - Galères d'affreuse - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

08 mars 2007

Je suis une affreuse criminelle

ist1_1106810_spider_cartoonJe vous ai récemment parlé du charmant spécimen avec lequel je vis. Je vous ai menti : en fait nous sommes plusieurs. Je vais vous faire un aveu : il y a même davantage de femmes que d’hommes qui vivent dans cet appartement .

Il y a au moins une dizaine de nanas à poil sur les murs. Je vis avec des mecs, mais aussi avec leurs fantasmes, sponsorisés par Palmers : Antje, c’est celle du salon, Beate celle de la chambre de coloc, et Margit, la plus hot de toutes, habite dans la cuisine. Ne vous moquez pas des noms s’il vous plaît, c’est typiquement allemand (les pauvres).

Il y a aussi l’araignée-dans-la-baignoire. Ce n’est pas une nana à poil, c’est une vraie araignée, moche, mais attachante : ensemble, rendons lui hommage.

Elle est gentille. Elle me dit bonjour chaque matin, accrochée au rideau de douche. Au début, j’essayais de l’ignorer, mais elle a l’air tellement heureuse de me voir ! Dès qu’elle m’entend rentrer dans la salle de bains, elle agite ses petites énormes pattes, de joie, comme pour dire « Aaaaah, te voilà ».

Quand je rentre dans la baignoire, elle est toujours là. Elle m’attend. Au début, j’étais un peu gênée qu’elle me voie toute nue ;  Ok, on partage le même appartement mais il ne faut pas pousser. Je m’y suis attachée malgré tout, je me surprends même à fixer le rideau de douche quand je ne la vois pas se balader dessus.

Ce matin, on s’est disputées. J’étais dans la baignoire, et je lui racontais des histoires. Elle a décidé de descendre du rideau de douche, pour venir me rejoindre. Je me suis rendue compte, alors qu’elle s’approchait de moi (très vite), qu’elle était franchement moche et grosse (et velue), mais surtout que, vue de près, elle avait l'air beaucoup moins sympathique.

Réflexe de survie : un coup de gel douche sur ta tête, un bon jet d’eau dans ta face, et tu dégages. Je t’aimais bien, l’araignée, mais t’as déconné. Je te regretterai, mais pas trop.

R.I.P l'araignée.

Posté par Rapha_ELLE à 21:19 - Galères d'affreuse - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

21 février 2007

Le supermarché, cet enfer

57358528Faire ses courses ici, c’est normal pour les autrichiens, plus difficile pour les étrangers, et impossible pour les affreuses. Lisez plutôt.

  • Première étape : mieux vaut jamais que trop tard

A Vienne, les supermarchés ferment à 18 heures, et à 17 heures le samedi. Evidemment, rien n’est ouvert le dimanche. Epicerie de quartier ? Comment dire : pas là, non.

Sachant que le supermarché se trouve à approximativement 4 minutes de marche, l’affreuse devra donc s’assurer qu’il n’est pas plus tard que 16h45. Pourquoi ? Attendez la suite, ça vaut le folklore du Sud Tyrol.

  • Seconde étape : Echauffements

A Vienne, capitale plus verte que verte, on se soucie de l’environnement. On ne distribue donc pas de sacs plastique dans les supermarchés. Je suis pour. Je deviens totalement contre, quand, une fois arrivée au supermarché, je me rends compte que j’ai oublié les miens à l’appartement. J’y retourne donc. Notez que quand je reviens au supermarché, il est déjà 17h10.

  • Troisième étape : … ahpfu, 17h11

Toujours à Vienne, la galère commence réellement. Je suis incapable de comprendre ce que sont les produits dans les rayons. Pourtant, il y a une photo sur l’emballage, et j’ai même un dico dans mon sac en cas de doute.

Je cherche avec détermination les standards internationaux : Knorr, Kellog’s, Nestlé. Je me rends alors compte que je ne suis pas dans le bon supermarché : ici, c’est peut-être moins cher, mais c’est marques locales only.

Un coup d’œil à ma montre : 17h30, trop tard pour faire marche arrière. Je m’obstine. Je perds du temps à déchiffrer les noms des yaourts. Je perds mon caddie (je perds la tête) et surtout je perds patience.

  • Quatrième étape : c’est la lutte finale

Direction : la caisse. Ca va vite, trop vite, les articles s’entassent, je n’ai pas le temps de les mettre dans mes sacs. La dame accélère encore (ù%$£*µ@ !!!!!!!!).

Quand elle m’annonce le prix de mes achats, c’est dans un dialecte viennois incompréhensible (sensiblement le même que celui du monsieur de l’électricité). Je veux partir, je n’essaye même plus de comprendre, et lui tends ma carte bleue.

… Et c’est maintenant que je me rappelle qu’à Vienne, les supermarchés n’acceptent pas les cartes bleues VISA.

Je suis sûre que l’autre Sissi n’a jamais été confrontée à ce problème. Je suis sûre que quelqu’un qui savait que les supermarchés ferment à 18h, qu’il faut préparer ses sacs plastique, et ne pas utiliser une carte bleue VISA, lui faisait ses courses.

C’est trop injuste.

Posté par Rapha_ELLE à 00:38 - Galères d'affreuse - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

16 février 2007

Monsieur de l'électricité du matin, chagrin

8 heures lundi, on sonne à la porte. Bigre, un monsieur que je ne connais pas, mais qui porte un joli uniforme de la « Wienerisch Energie ». Je devine qu’il va falloir parler allemand. Or, à huit heures du matin, l’allemand et moi on n’est pas tout à fait copains.

Dans un effort surhumain, j’appelle à l’ordre tous mes neurones et articule un superbe « Guten Taaaaaaag ». Je vous épargnerai l’incompréhensible conversation qui a suivi : d’un côté, le monsieur et son accent viennois prononcé, de l’autre, moi et mon allemand du matin.

Traduction dans un langage abordable par la majorité : le monsieur me tend une jolie enveloppe, une facture. 1700 euros. Il me demande si j’ai cette somme sur moi, mais comment dire….Euh…non. Ca ne lui pose pas de problème, je dois (juste) payer cette somme dans les prochains jours. Ce que ce monsieur très gentil n’a pas dit, c’est qu’il a coupé l’électricité et le gaz. Si, si, en Février.

Je viens donc de passer 36 heures dans une ambiance Robinson-Crusoësque, en admettant que l’île de Vendredi se trouvait sur la banquise. Véridique : mes surgelés ont à peine dégelé hors du congélateur.

La vie est peut-être une jungle, mais une jungle polaire.

Posté par Rapha_ELLE à 00:45 - Galères d'affreuse - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1